Depuis 2011, American Horry Story hante nos écrans avec ses décors décadents, ses personnages inquiétants et son goût prononcé pour la provocation. Créée par Rayan Murphy et Brad Falchuk, la série se présente comme une anthologie : chaque saison raconte une histoire différentes, avec des acteurs récurrents, mais dans des rôles inédits. Pourtant, sous cette apparente indépendance, un fil invisible relie les chapitres entre eux, tissant, au fil des ans, un univers partagé aussi dense que dérangeant.
Les liens entre les saisons ne tiennent pas seulement à la présence d’Evan Peters, de Sarah Paulson, ou encore, de Jessica Lange. Ryan Murphy a confirmé que toutes les saisons appartiennent au même monde. Certaines se croisent ouvertement, comme Apocalypse, qui unit Murder House et Coven en un vaste crossover démoniaque. D’autres se contentent de faire de subtiles références : un personnage aperçu dans une saison réapparaît plus tard sous un autre angle, un lieu ou un objet change de main, une réplique qui résonne d’une époque à l’autre.
De plus, on peut noter qu’il existe, au moins, deux timelines possibles. En effet, certains fans ont repéré ce qui ressemble à deux « lignées » ou timelines. Une timeline A qui inclue certaines saisons (Murder House, Coven, Hotel…) Une timeline B qui en inclue d’autres (Asylum, Freak Show, Roanoke…) Cette hypothèse n’est pas officiellement confirmée comme unique modèle, mais elle aide à repérer les liens forts.
Ces connexions existent pour donner aux fans un jeu de piste : repérer les références, les familles, les retours de personnages, mais aussi pour construire un univers cohérent tout en gardant l’anthologie libre. Enfin, ces connexions permettent d’enrichir les « ré-regards » : on découvre des détails après coup.
Chaque saison puise dans le réel pour renforcer l’horreur. En voici quelques exemples :
| Saison 1 – Muder House | Basée sur l’idée de maisons hantées et de meurtres réels : Richard Speck et Elisabeth Short. |
| Saison 2 – Asylum | L’inspiration vient des institutions psychiatriques abusives telles que Willowbrook State School et des médecins-monstres tel que Joseph Mengele ou Ed Gein. |
| Saison 3 – Coven | S’inspire de la sorcellerie (ex. Marie Laveau, la Voodou Queen) et de figures historiques telles que Delphine Lalaurie. |
| Saison 4 – Freal Show | Inspirée par les shows de « freaks », par le clown meurtrier John Wayne Gacy et par des jumeaux siamois réels comme les Hilton. |
| Saison 5 – Hotel | L’histoire est basée sur celle du Cécile Hotel à Los Angeles et la disparition d’Elisa Lam en 2013. Mais aussi sur le tueur en série H. H. Holmes. |
| Saison 6 -Roanoke | S’inspire du mystère historique de la colonie perdue de Roanoke Colony (1590). |
| Saison 7 – | S’inspire des mouvements sectaires (Charles Manson, David Koresh, Jom Jones) ainsi que du climat politique post-élection américaines de 2016. |
Et ce n’est pas exhaustif : d’autres saisons continuent de puiser dans les faits, des crimes ou des légendes réelles.
Cela fonctionne car le recours à des faits réels augmente la dimension de malaise : « et si c’était vrai ? » Le mélange factuel + fantastique crée un effet de glissement qui déstabilise. Le lien entre les saisons renforce l’engagement du spectateur-fouineur. Enfin, l’anthologie permet de varier les cadres tout en gardant la marque d’American Horror Story.
On peut très bien regarder chaque saison indépendamment. Mais si on aime détecter les connexions, mieux vaut respecter l’ordre ou au moins être attentif aux saisons dites « repères » (1, 3 et 8). Certains récits sont volontairement « dérangés » ou trahissent la réalité pour l’effet dramatique : ce n’est pas documentaire. Si l’horreur « basée sur l’histoire vraie » vous intéresse, noter qu’un élément d’inspiration réelle peut être minime ou symbolique. Pour repérer les liens, il faut repérer les personnages secondaires récurrents ou les objets, tels que la café iconique ainsi que les lieux mentionnés.
La force d’American Horror Story tient à son équilibre : liberté narrative + cohérence interne + ancrage dans le réel. Les saisons sont des récits autonomes, mais pas désertés l’un de l’autre ; elles forment un tissu d’univers partagés, de clins d’oeil, de correspondances. Et derrière chaque clou, chaque portail démoniaque, chaque psychiatrique manoir, se cache une miette d’histoire vraie, et cela rend l’horreur d’autant plus piquante.
Dites moi quelle a été votre saison préférée ? Et celle que vous avez le moins aimé ?


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